Assise de travers dans la moleskine à l'avant du bus. Une pile de bouquins à côté d'elle lui font un compagnon invisible.
Avec les coquillages électriques qui lui sussurent à l'oreille que la vie est sombre mais peut être agréable-
Elle roule vers sa bibliothèque. Cinq univers au format Pocket à son côté, et pourtant elle préfère regarder ses semblables défiler sous les lampes à sodium.
Le regard est distant. Une pointe d'ironie, de recul, mais les yeux sont vivants, mobiles. Elle est dans le monde, cinq autres l'attendre, et combien d'autre dans son appartement ?
Vêtements et cheveux discrets, bottes en cuir au dessus du genou. Les pieds sur terre ?
Son regard se perds dans le vide, mobile mais désintéressé.
Bague en or au majeur gauche. Sac d'étudiante. Une sorte de moue inconsciente, un peu maussade, un peu triste. Son corps ne réagit pas à ce qu'elle écoute. Jambes croisées, les pieds ne touchent pas terre. Mains croisées, refermées sur son sac. Appuyée contre la vitre. A la fois détendue et fermée sur elle-même.
Son regard est vers le bas. Le plancher du bus ? Le bitume qui défile ? Rêve-t-elle de moutons électriques pour combler le vide ?
Son reflet dans la vitre du bus semble plus vulnérable, en surimpression sur la ville.
Le regard se réveille. Changement de musique ?
Sa main repose sur la pile de bouquins.
Elle tourne la tête et regarde la nuit. Je ne vois plus son visage. Elle se ronge les ongles.
Remet son sac, réajuste ses écouteurs. Sa pile de bouquins au creux du bras, elle se lève et se place devant la porte. Démarche rapide sur le trottoir, elle se fond dans la nuit. Sweet Mary !
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